Retour aux sources
Au début de l’année 1952, René Anchierri et son épouse désirent se rapprocher de leur famille et revenir dans leur région natale. Ils souhaitent également donner une nouvelle direction plus dans l’air du temps, à la création artistique de René, et à leur commerce.
Ils achètent un terrain au bord du lac d’Annecy, au lieu dit “Le petit port” et entreprennent la construction d’un atelier-boutique.
Ils vont le nommer Nissy, d’après le nom latin des Anicii, famille romaine qui donna son nom à la commune d’Annecy. Le nom Atelier de Nissy suivi de “Le Potier du Lac” sera apposé sur la devanture, tandis que l’on retrouve Nissy Annecy comme signature sur la majorité des pièces de série proposées en boutique (vases, plats, objets décoratifs et touristiques).
A l’été 1953, c’est l’ouverture officielle de l’atelier Nissy Annecy, boutique tenue par sa femme pour la saison touristique.
En janvier 1954, le conseil municipal d’Orléans lui passe commande d’un vase aux armes de la ville qui sera livré pour le mois de mai, ce sera une des dernières oeuvres sortant du four de son atelier Orléanais.
Peu après, le couple part s’installer définitivement à Annecy et emménage dans la maison située à l’arrière et au dessus de l’atelier Nissy.
En 1956, Anchierri cède la marque FORAH à son successeur Lallier, tournant définitivement la page sur sa période orléanaise.
L’explosion de la couleur
La nouvelle décennie qui s’annonce et sa soif de modernité va être pour Anchierri un nouveau terrain de recherche et d’expérimentation.
Il connait les nouvelles tendances des céramistes de Vallauris, et s’adapte au goût du moment en proposant des collections de grande série vendues en masse aux nombreux touristes venus visiter la région et profiter de la proximité du lac.
Son travail permanent sur les émaux et les couleurs débouche sur la mise au point d’un noir mat associé à un rouge vif (exemple ci-dessous), que l’on retrouvera bientôt comme un élément caractéristique de cette production.
Il est d’ailleurs à noter que ces couleurs, en particulier le rouge vif, était une recette bien gardée par Anchierri qu’il ne partagea jamais.
Peu de temps après son décès, Mme Anchierri détruisit la recette, avec tous ses autres carnets de recherches, respectant les indications et dernières volontés de son défunt mari.
Il emploie André Lanson, ancien apprenti et tourneur de la fabrique Forah qui l’a suivit d’Orléans avec son épouse et sa fille, puis un second ouvrier. Mme Lanson est employée comme décoratrice pour les pièces de séries, mais aussi parfois à la boutique en tant que vendeuse.
René Anchierri lui, crée les modèles, tourne et décore les très nombreuses pièces uniques qu’il imagine.
La boutique est répartie en deux espaces distincts : l’entrée ouvre sur une vaste pièce où sont disposées des vitrines d’exposition pour les pièces uniques, et un grand comptoir de vente.
L’atelier se trouve dans une autre pièce, à l’arrière, plus petite, visible de l’intérieur de la boutique grâce à une verrière, et on peut voir Anchierri tourner. Les témoignages s’accordent pour dire que le céramiste n’appréciait pas beaucoup de travailler à la vue du public, mais que cette disposition avait été imposée par son épouse à des fins commerciales. C’est d’ailleurs elle qui assurait les ventes. Elle était secondée parfois par Mme Lanson ou des vendeuses occasionnelles, recrutées dans la famille notamment pendant les vacances scolaires.
Elle fera même rajouter plus tard sur le côté du bâtiment, une petite annexe où sont vendues des confiseries à destination des nombreux enfants et touristes qui défilaient dans la boutique.
A l’arrière, dans une cour, des dépendances permettaient de stocker le matériel, la terre, etc…
En 1957, une nouvelle boutique est ouverte au 2 de la rue du lac à Annecy, dirigée par Mme Anchierri et plusieurs vendeuses. Il y est vendu des bijoux fantaisie, des cadeaux et des céramiques provenant de l’atelier.
Anchierri va créer des collections de céramiques artistiques particulièrement colorées pour incarner dynamisme, gaité, parfois humour, sur des thèmes abstraits ou bien animaliers, botaniques, ou encore anthropomorphes, comme l’atteste sa série de masques.
Il existe également une petite production de mobilier et luminaires.
En 1972, le rideau se tire sur les deux boutiques qui ferment définitivement, le couple Anchierri part en retraite.
L’Atelier sera cédé en 1973 à Jacky Liard, ancien employé de l’atelier voisin “Le Cyclope”, qui reprend une activité de céramiste avec le matériel racheté dans les murs. Voir l’article ici sur Jacky Liard, extrait de la revue l’Ancilevien de 2003.

































