Le temps des essais
1972-1987
Très vite, René fait équiper une dépendance d’un tour et d’un four électrique pour continuer à créer et cuire, matériel qu’il va utiliser jusqu’à la fin de sa vie.
Enfin dégagé des obligations de production commerciale, des commandes, il peut laisser libre court à sa créativité.
Il va en particulier puiser son inspiration dans les nombreux voyages qu’il effectuera avec sa femme, désormais libres de toute contrainte, à travers le monde (Mexique, Inde, Japon, Jordanie, Grèce, Etats-Unis, Canada…). Il illustre ses carnets de voyages, comme ici en Egypte.
Ces voyages sont pour lui l’occasion de découvrir des civilisations et leurs
cultures à travers la visite des musées locaux et des monuments, qu’il traduit ensuite dans son travail.
Entre 1975 et 1987, il va réaliser une petite production de pièces uniques, certaines sont datées et signées AR, non destinées à la vente. Il existe également des essais, numérotés mais non signés.
Il s’essaie à des techniques et des matériaux qu’il n’a pas encore explorés, comme des statues en volume, des sculptures sur pierre ou bois. Il tourne aussi de toutes petites séries pour la famille et les amis, l’entourage proche. Il continue également de dessiner et peindre à l’aquarelle les paysages qui l’entoure.
Miniatures de 7 à 12 cm
Admis le 26 Septembre 1987 à l’hôpital de Vaison-la-romaine après un infarctus, il décède le lendemain à l’âge de 82 ans.
René Anchierri a passé la plus grande partie de sa vie derrière un tour ou un bureau pour dessiner et peindre. Tour à tour ouvrier et patron potier, dessinateur et décorateur, petit industriel prospère, la céramique fut son coeur de métier et son métier de coeur, l’endroit où il a pu s’épanouir et s’accomplir.
Modeste et discret par nature, trouvant sa récompense dans son art, il ne chercha que très rarement à se mettre dans la lumière, les quelques 60 années où il exerça sont pour la plupart restées dans l’ombre pour le grand public.
Consciente de cette injustice, au début des années 90, sa veuve tente d’interpeller les institutions culturelles, en particulier à Annecy, pour organiser une exposition rétrospective sur l’oeuvre de René Anchierri. Elle effectue aussi deux donations de dessins et de céramiques aux musées d’Orléans et d’Annecy en 1992, mais ses efforts vont demeurer vains et ne connaitront pas de suite heureuse.
A la même période, leur fils Pierre rend également un hommage à son père en concevant et éditant à petit tirage une brochure reprenant les temps forts de sa carrière, abondamment illustrée de photographies de céramiques. (à lire ici)
Laissons le mot de la fin à une des personnes qui l’a le mien connu, son fils Pierre :
« Loin des séries, l’esprit créatif de mon père a fait éclater des formes certes issues de la tradition, mais sans cesse renouvelées par la modernité.
Car voilà bien le caractère de sa pensée : s’appuyer sur la connaissance ancestrale, la belle technique apprise, pour développer des recherches novatrices. Combien de plaquettes, essais de nouveaux mélanges chimiques, lui ai-je vu sortir d’un four dont il modifiait savamment les prises d’air et l’atmosphère ? Des milliers. Mais ce n’est pas seulement dans la magnificience des cuivrés, l’éclat des ors, la matité que nous retrouvons cet esprit. Ses décors selon les années inspirés des motifs rupestres, des entrelacs, des abstractions des artistes modernes, sont aussi marqués par son observation de la nature transcendée par l’inspiration. Toujours sa « juste mesure » entre connaissance et imaginaire. »





